Après une longue absence, retour au clavier.

Mon dernier article datant du 26 janvier, je reviens brièvement sur les élections cantonales de mars 2011.

J’étais candidat suppléant d’une candidate communiste. En nombre d’électeurs c’est le plus gros canton du Rhône. Nous avons fait un score honorable, nous échouons à 4,74 %, tout près de la barre fatidique des 5 % qui permet le remboursement des frais de campagne. Ce canton était aussi un enjeu important politiquement, détenu par le PS (depuis 1998), convoité par l’UMP, avec une candidate EELV, un candidat Modem et malheureusement un candidat FN. Trois candidats de droite, et trois candidates de Gauche, se présentaient au suffrage universel. Comme partout les abstentionnistes ont pesé dans le résultat final, puisque nous avons eu droit à un « 21 avril » : le secrétaire départemental de l’UMP contre le secrétaire départemental du FN, une sorte de Chirac-Le Pen à l ’échelon local du canton.

Cette défaite du PS ne permet pas à la Gauche de prendre le département. Le débat sur le stade de Décines a sûrement aussi beaucoup compté, et le vainqueur y est opposé, d’ailleurs seule la candidate PS est pour. C’est aussi une lourde défaite personnelle  pour la sortante. En effet en 2004 elle avait affirmé que sa réélection n’avait rien à voir avec la vague rose, qui voyait régions et départements passer à gauche, mais que celle-ci n’était que « personnelle », une « reconnaissance de ses qualités et de son travail ». Pourtant elle échouait lamentablement aux municipales suivantes, en 2008 , laissant la ville au maire sortant, aujourd’hui 1er vice-président du Conseil Général, et cela dès le premier tour, avec 53 % pour l’UMP. La stratégie du refus d’alliance avec les communistes, pour mieux se « marier » avec le Modem au deuxième tour, avec une campagne abandonnant le logo du PS (le poing et la rose) pour prendre celui d’une abeille fut catastrophique et bien sûr perdante. Je laisse au Parti Socialiste les réflexions sur la pertinence de reconduire une équipe qui perd aux prochaines élections de 2012, mais aussi et surtout de 2014.

Et le Front de Gauche dans tout çà ? D’abord il n’existe que depuis 2009, la région Sud-Est a permis l’élection d’une députée Front de Gauche, Marie-Christine Vergiat. Aux régionales de 2010, il manque seulement 0,7 % à la liste du Front de Gauche, pour que je sois élu, mais nous avons 10 conseillers régionaux avec 5,41 %. Les cantonales sont donc la troisième élection à laquelle le Front de Gauche présente des candidats. Dans le Rhône 26 candidats sur 27 avaient l’étiquette Front de Gauche, dont 3 candidats du Parti de Gauche, 1 candidat Gauche Unitaire, 1 candidat « Alternatifs », les autres soit candidats PCF soit présentés par celui-ci, 11 femmes seulement dont une Parti de Gauche. Le candidat communiste qui a refusé le soutien du Front de Gauche réalise un score inférieur en voix et en pourcentage par rapport à 2004. Et les candidats qui n’ont pas ou peu utilisé les logos et les mots « Front de Gauche » ont été les plus gros perdants en voix, quand bien même ils progressaient en pourcentage. J’en déduis que la dynamique Front de Gauche est belle et bien réelle, et que ceux qui ne l’ont pas utilisé ont eu bien tort. Le Front de Gauche fait 7,4 % dans le Rhône, et 8,8 % au niveau national, et si l’on ne considère que les cantons où nous sommes présents on atteint les 10,8 %, ce qui fait du Front de Gauche la 2eme force à gauche, devant Europe Ecologie.

Mais notre activité ne s’est pas résumée à la campagne électorale des cantonales, même si elle nous a pris beaucoup de temps et d’énergie.

D’abord nous n’avons pas déserté les luttes dans lesquelles nous étions engagés : sans-papier, lutte contre les fachos, les services publics… mais nous nous sommes aussi impliqués dans la lutte contre les huiles et gaz de schiste, et le soutien aux révolutions « arabes ».

République, socialisme et écologie ne sont pas de simples mots inscrits sur nos drapeaux et auto-collants mais de vrais combats politiques.

Je reviendrai sur ces sujets dans d’autres articles, mais je voudrais terminer celui-ci par une invitation miltante, et par l ’explication du titre.

Samedi 30 avril aura lieu dans 17 autres villes de France la fête des précaires et du pissenlit.

Je vous renvoie à ce site internet : http://fetedesprecaires.org/ vous y trouverez toutes les infos nécessaires. Vous êtes donc invités à venir faire la fête, des débats, voir des films, … le samedi 30 avril 2011 à la Maison du Peuple 147 avenue Général Frère 69008 Lyon, à 15h00. Nous y serons avec d’autres partis de Gauche, des associations et des syndicats. Je signale juste que pour le Parti de Gauche la précarité est un sujet si sérieux que nous avons un secrétariat national à la précarité, animé par Leila Chabi qui a récemment quitté le NPA pour nous rejoindre.

Nous serons bien sûr à la manif du 1er mai.

Nous sommes un parti féministe. Toutes nos instances sont paritaires du genre. Au niveau local je partage, avec grand plaisir, le secrétariat du parti de Gauche Rhône avec Sophie Charrier. Notre candidate pour les élections cantonales était Elène Ferlet. Au niveau national, le Conseil National (2 délégués : une femme et un homme pour 50 adhérents), le Bureau national (30 femmes et 30 hommes) et le Secrétariat National (11 femmes et 11 hommes) sont, vous le constatez, tous paritaires et Jean-Luc Mélenchon partage la présidence avec Martine Billard.

Martine a quitté « les Verts » pour militer au Parti de Gauche. Je dis bien militer. Elle anime la commission nationale « travail  et relations syndicales». A l’assemblée nationale elle a été porteuse, avec d’autres, de projets de lois résolument à gauche et de contre-propositions aux lois anti-sociales sarkoziennes. Son travail avec tous les parlementaires communistes, républicains et du Parti de Gauche est exemplaire.

Mais son énergie combatante vient d’être encore soulignée, après l’avoir déjà été comme députée « parmi les plus travailleurs » par l’Expansion qui la classait 9eme (sur 577 députés) et 1ere femme, cette fois par un article sur Mediapart : http://blogs.mediapart.fr/blog/poj/250411/le-gouvernment-interpele-propos-de-la-reforme-des-retraites

Je cite :

«  Madame la députée Martine Billard vient d’interpeller le gouvernement sur l’illégalité de la réforme des retraites ; ou plus exactement son inconventionnalité, c’est-à-dire sa contravention au droit international, lequel impose un « principe de non régression » en matière de droits économiques, sociaux et culturels.


Cette question au gouvernement constitue donc une contribution déterminante au progrès de la défense des droits économiques, sociaux et culturels en France, et dans le Monde, si l’image de la France le permet encore.

Voilà un sujet de débat pour la campagne électorale de 2012.

La France redevient révolutionnaire en exigeant le respect des droits de l’homme.

Merci Madame Martine Billard. »

Puis dans une réponse à un commentaire, l’auteur répond :

« Martine Billard méritait, au milieu de cette dévastation de l’institution démocratique, d’être félicitée pour son courage et sa détermination personnels à interpeler une majorité politique sur la négligence d’une Convention des Nations Unies adoptée en 1966 (45 ans).

Jaurès, aujourd’hui, est une femme. »

Je souscris.